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Le mot "otaku" n'a pas exactement la même signification au Japon et chez nous. Reportez-vous au lexique pour en savoir plus.
 
     
 
 

RULE #1


Année après année, Kelvin Tong se fait un nom dans le cinéma singapourien avec ses films d’horreur, en tout cas plus qu’avec ses essais dans la comédie romantique. Son dernier en date, Rule #1, nous amène aux frontières du réel, avec un policier suivant des affaires surnaturelles sans y être vraiment préparé.
 
     

 

 


Titre : Rule #1
Titre original : Dai yat gaai
Réalisateur : Kelvin TONG
Acteur : Ekin CHENG
Acteur : Shawn YUE
Genre : Horreur
Année : 2008

Sortie Asie : 13/03/2008

Fiche reliée


» Rule #1
 
 
 

Règle #1 : les fantômes n’existent pas

Au cours d’un banal contrôle de police dans un parking souterrain, l’agent Lee (Shawn Yue) découvre le corps inanimé d’une jeune fille dans le coffre d’une voiture. Aussitôt, le conducteur et serial killer tente de l’abattre, mais son geste final est empêché par la victime, sortie du coffre. Plusieurs semaines plus tard, Lee maintient dans son rapport qu’il a été sauvé par la jeune fille, alors que les spécialistes confirment qu’elle est morte avant son agression. Il est alors transféré dans une nouvelle unité, le MAD (Miscellaneous Affairs Department), une sorte de bureau des affaires surnaturelles en somme, mutation qu’il perçoit comme une insulte à son intelligence et une mise au placard. A peine arrivé, il est pris en main par l’inspecteur Wong (Ekin Cheng), qui lui apprend une règle simple : les fantômes n’existent pas.

Sauf que depuis son agression, Lee voit des choses qu’il ne s’explique pas. Là où Wong trouve constamment une raison naturelle à tout problème (piscine hantée par des cris stridents, hôpital où les défunts continuent d’allumer la télé…), Lee y ressent une présence indescriptible. Très vite, il se rend compte que sa mission ne consiste pas tant à résoudre les mystères qu’à contrôler les peurs de ses concitoyens. Jusqu’au jour où une vague de suicides de jeunes filles déferle sur la ville, amenant dans l’impasse les raisonnements classiques des policiers. Lee et Wong se mettent donc sur l’affaire.

     


Aux frontières du réel

Les films d’horreur asiatiques, on en connaît toutes les ficelles maintenant. C’est pourquoi Kelvin Tong a eu clairement raison de ne pas faire traîner le suspense trop longtemps et de ne pas jouer avec la question qui taraude Shawn Yue : fantôme ou pas fantôme. Rule #1 prend vite un chemin et ne s’en écarte plus jamais. Car là où la question du surnaturel aurait pu fatiguer après quelques scènes, ce parti pris permet au film de suivre une ligne de conduite claire et de s’engager sur un chemin plus classique mais diablement efficace : le thriller policier. Et là vous vous dîtes « ok donc ce film n’a rien de surnaturel ». Ce à quoi je ne peux que répondre que je n’ai aucunement affirmé cela.

A mon sens, Rule #1 prend toute sa saveur lors de la seconde moitié, lorsque les inspecteurs Lee et Wong poursuivent « le meurtrier ». D’autant que cette enquête pèse lourdement sur la vie personnelle des deux hommes. Lee a tout d’un homme comblé mais son expérience du surnaturel plombe complètement l’ambiance dans son couple. De son côté, Wong a dédié sa vie à son bureau d’enquêtes spéciales et voit sa retraite prochaine comme une opportunité pour refaire sa vie et reconquérir sa femme, divorcée. Mais cette enquête aux frontières du réel leur laissera-t-elle une chance de reconstruire leur vie ?

   


Si Kelvin Tong ne résiste pas à l’envie d’introduire par moments des scènes d’épouvante aussi gratuites qu’inutiles, il maîtrise en revanche parfaitement les mécanismes qui vous font scotcher sur un thriller. Et bien qu’on ne ressente pas spécialement un grand attachement pour les personnages, leur composition et le jeu subtil d’Ekin Cheng (le badass) et Shawn Yue (le jeune loup) apportent beaucoup à l’intérêt de suivre cette enquête pas comme les autres. En piquant quelques idées impactantes d’autres films (Suicide Club par exemple) et les insérant de manière très habile dans son récit, le réalisateur parvient à transformer le dernier quart du film en un crescendo d’intense suspense, jusqu’à une conclusion qui ne pouvait venir que d’un cinéaste asiatique. Tout simplement géniale.

Comme tout thriller qui se respecte, Rule #1 nous embarque sur un terrain mouvant, où chaque décision du scénariste impacte considérablement sur le résultat final. Là où beaucoup se prennent les pieds dans des choix qui perdent en cohérence ou en intensité, Rule #1 ne cesse de gagner en force et en intérêt, malgré un début assez classique. Si vous accrochez au premier tiers du film, nul doute que vous ne relâcherez plus votre attention jusqu’à la fin.

 
 
 

 

Par Ryosan, le 17/01/2010  

 
 
 
       
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