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  LES POUPéES JAPONAISES

Les pages du dossier :

> Les poupées japonaises
> Interview de M. Stock, propriétaire du magasin Asian Dolls
 
     
 

 

 
 
 
LES POUPéES JAPONAISES (Page 1/2)


Il est impossible de dire avec précision depuis quand les poupées occupent une place prépondérante dans la vie des japonais mais certaines preuves tendent à montrer que cela remonterait à plusieurs siècles avant Jésus Christ.
Aux alentours de l’an 1000, il est déjà fait mention de l’existence de plusieurs types de poupées dans "Le Dit du Genji", le célèbre roman de Murasaki Shikibu. Une chose est sûre cependant : loin de n’être que de simples jouets ou objets de décoration, ces poupées (ou "Ningyô" qui signifie "figure humaine" en japonais) sont devenues une vraie tradition au Pays du Soleil Levant.

Déclinées sous diverses formes, plus ou moins élaborées, chaque type de poupée à une fonction et une origine propres. En voici quelques exemples.

 

LES HINA
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Ces poupées sont de forme pyramidale, en bois de saule et recouvertes de tissus. Leur visage est recouvert d’une laque blanche, le gofun*, tandis que leur tête est parée de fils de soie ou de cheveux humains.
Elles représentent la Cour impériale et sont utilisées pour le Hina Matsuri (littéralement "fête des poupées"). L’Empereur, l’Impératrice et leurs sujets sont ainsi disposés sur une sorte d’estrade en escalier dont chaque marche symbolise la place sociale de chaque catégorie d’individus. Traditionnellement, le couple royal est seul sur la première marche, au sommet. Suivent trois dames de cour, quatre musiciens et un chanteur puis divers personnages.


   



Célébré le 3 mars, le Hina Matsuri est un jour consacré aux petites filles. Les poupées sont exposées pendant les trois jours qui précèdent le 3 mars, puis elles doivent être rangées le soir même sans quoi la (ou les) fille, en âge de se marier dans la maison ne pourra le faire avant un an.
Cette tradition remontant à l’ère Heian (794-1185) serait censée protéger des mauvais esprits.


LES KIMEKOMI
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Elles sont en bois, ou en matière synthétique, recouvert de tissu encollé. Des encoches sont faites dans le bois pour ancrer le tissu et en dissimuler les bords. La tête est en porcelaine, ou en matière synthétique, recouverte de gofun* et surmontée d’une perruque.


  



LES KARAKURI
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Ce sont des poupées mécaniques crées pendant l’ère Edo (1603-1867) par Konoe Takeda, un horloger.


  



Ci-dessous, la vidéo surprenante d'une karakuri dessinant un kanji*. La minutie du travail réalisée est époustouflante, digne d'un horloger.





LES HAKATA
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Nées dans la province jumelle de Hakata-Fukuoka, les hakata sont des poupées d’une extrême finesse. En argile ou en céramique, elle ne sont pas vernies (et donc sensibles au toucher et aux traces) mais seulement délicatement peintes à la main ou habillées de tissus et parfois incrustées de pièces en bois ou en métal.


   



LES DARUMA
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Poupée de forme sphérique au corps rouge, au visage blanc et aux yeux sans pupilles. Elles représentent le Bodhidharma, un moine indien fondateur du zen, qui, il y a environ 1500 ans, vint en Chine pour y répandre les préceptes du bouddhisme. La légende dit qu’il médita pendant neuf années devant une grotte avant d’atteindre l’illumination. Cette longue station immobile lui fit perdre l’usage de ses membres. C’est pour cette raison que la poupées n’a ni bras ni jambes.
Son but premier de donner de la chance et du courage. Il faut lui dessiner oeil au moment du souhait et un autre quand celui-ci s’est réalisé. Généralement, ces poupées sont achetées en début d’année puis brûlées lorsqu’elle est écoulée pour faire disparaître les péchés et les mauvaises choses accumulées durant ce laps de temps.


  



LES MUSHA
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Elles représentent des guerriers ou des guerrières. Très similaires aux poupées Hina, elles sont néanmoins plus complexes à réaliser car leurs postures sont diverses (assises, debout, parfois chevauchant une monture) et leur accoutrement méticuleux à réaliser (les armures et les armes sont fabriquées en papier laqué). Elles représentent généralement des personnages célèbres ou mythologiques.


   



LES KOKESHI
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Ce sont des poupées en bois tourné. Elles sont parfois gravées pour faire ressortir des motifs décoratifs puis peintes à la main et recouvertes d’une fine couche de cire. Les essences le plus souvent utilisées sont le cornouiller, le châtaigner et le cerisier. Leur origine remonte au milieu de l’ère Edo (1603-1867), période pendant laquelle des fabricants d’ustensiles en bois travaillant près des stations thermales se mirent à les fabriquer pour les vendre aux curistes.

   
"Osanpo", "Kosode" et "Wakasamurai", modèles entièrement en cornouiller


Ils existe deux sorte de kokeshis : les dento (aux formes traditionnelles) et les shingata (plus modernes, elles laissent libre cours à l’imagination de leur créateur) qui sont apparues après la Seconde Guerre Mondiale.
La création de kokeshis est un art reconnu et estimé. Ainsi, chaque automne, un concours entre les "maîtres kokeshi" est organisé. Les vainqueurs remportent des prix (dont un remis par le Premier Ministre lui même) mais acquièrent surtout de la renommée et le droit de signer leur œuvres. Inutile de préciser qu’une œuvre signée par un artiste reconnu a beaucoup plus de valeur...



Fabrication d’une kokeshi traditionnelle





Lexique
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Gofun : mélange de colle et de carbonate de calcium (généralement des coquilles d’huîtres broyées), utilisé aussi dans les peintures et estampes ukiyo-e* et imitant le maquillage blanc des geishas.

Ukiyo-e : signifie littéralement "images du monde flottant". Cette appellation était utilisée pendant l’ère Edo (1603-1867) pour désigner un nouveau style de peinture, plus populaire et narratif, ainsi que les estampes sur bois.

Kanji : idéogrammes d’origine chinoise utilisés dans la langue japonaises. Il en existe près de 2000 officiels à ce jour.


Après cette brève présentation, loin d'être exhaustive, nous vous proposons d'en apprendre plus sur l'un des types de poupées japonaises les plus en vogue actuellement : les kokeshis.
Pour cela, découvrez en page 2 l'interview de M. Stock, le propriétaire de la boutique Asian Dolls à Paris.


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> Interview de M. Stock, propriétaire du magasin Asian Dolls

Par Gally, le 12/10/2009

 

 
 
 
       
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